Quelles disciplines as-tu testées avant le kayak ?
Mon parcours sportif a toujours été guidé par le rêve de participer un jour aux Jeux Olympiques. Dès l’âge de 5 ans, j’ai pratiqué le ski alpin et la gymnastique en club, puis l’équitation pendant quelques années.
Après des échecs aux tests pour intégrer un pôle espoir en gymnastique, j’ai tenté ma chance en ski alpin, sans succès.
C’est en 2013-2014, en 6ème, que j’ai découvert le kayak de manière occasionnelle au club de Bourg-Saint-Maurice. L’été suivant, en assistant aux championnats de France de kayak slalom organisé par Bourg-Saint-Maurice, j’ai été fascinée par l’ambiance et la compétition.
J’ai alors décidé de me lancer sérieusement : j’ai intégré le sport-étude kayak au collège de Bourg-Saint-Maurice, puis une section spécialisée à Chambéry et enfin le pôle espoir à Pau pour mes deux dernières années de lycée. Aujourd’hui, je m’entraîne dans le sud-ouest, autour de Pau et Toulouse, pour allier études et les nombreux entrainements en toute saison. Oui l’hiver en kayak c’est mieux dans le sud qu’en Savoie sous la neige !
Qu’est-ce qui t’a tout de suite plu avec ce sport ?
Ce qui est amusant c’est, qu’au début, je n’étais pas convaincue : j’avais essayé une fois à 7 ans et je n’avais pas aimé.
Mais en accompagnant mon frère sur un stage, j’ai adoré l’ambiance conviviale des stages d’été. En voyant mes progrès et en participant comme bénévole aux championnats de France, la passion est née.
Aujourd’hui, ce qui me plait le plus, ce sont les sensations de glisse, le jeu avec l’eau, la recherche de précision et de perfection dans les gestes, ainsi que la diversité des bassins et des parcours, qui rendent chaque entraînement différent et ludique.
Quelles réussites personnelles t’apportent le plus de fierté ?
Ma plus grande fierté est d’avoir remporté le titre de championne de France moins de 23 ans en août 2025, à Bourg-Saint-Maurice, sur le bassin où j’ai appris le kayak.
Cette victoire est d’autant plus spéciale qu’elle est intervenue seulement six mois après mon retour à la compétition, et un an après une opération de la hanche qui m’avait éloignée du sport pendant deux saisons.
Avant cela, j’avais traversé une période très difficile : une blessure en mars 2023, des mois d’incertitude médicale, une dépression sévère début 2024, puis une opération en juin 2024. Grâce à une rééducation intensive, j’ai pu reprendre le kayak en septembre 2024, retrouver mon rythme d’entraînement en décembre, et enfin concrétiser mon retour par ce titre, devant ma famille, mon club et mes entraîneurs.
Quels sont tes objectifs pour cette année 2026 ?
2026 est une année charnière : c’est ma dernière année chez les moins de 23 ans.
Mon objectif principal est de réintégrer l’équipe de France, comme je l’avais fait en junior, ainsi qu’en 2022. Pour cela, je dois finir parmi les trois premières de ma catégorie lors des courses de sélection en mai 2026. Ensuite, je vise les podiums à l’international.
As-tu des objectifs à plus long terme ?
À plus long terme mes objectifs sont de performer à l’international chez les séniors, et forcément je garde dans un coin de ma tête ce rêve de petite fille de participer aux JO… Reste à savoir quelle année !
Du côté des études mon objectif est d’obtenir le CAPEPS et dans un second temps l’agrégation afin d’être prof d’EPS agrégée.
Quelle est ta routine d’entraînement ?
En période normale, je m’entraîne six jours sur sept, avec deux séances par jour (une de kayak et une de musculation ou une seconde séance de kayak), et une journée plus légère le dimanche.
Je varie les formats : développement physique, technique, ou sports complémentaires (course à pied, natation, escalade, ski de fond…).
Entre les séances, je suis mes cours à la fac, gère mes rendez-vous médicaux (kiné une fois par semaine ou tous les quinze jours) et mes devoirs.
As-tu des rituels avant une grosse compétition ? Quel est ton état d’esprit avant de te lancer ?
Le jour J, je commence par une séance de yoga et de mobilité pour réveiller mon corps. Ensuite, je m’échauffe 30 minutes en eau calme (lac) afin de m’échauffer doucement et faire des gammes de rotation, des sprints…, puis je prends 30 minutes pour observer le parcours, analyser les passages des autres, échanger avec mes coachs et surtout prendre le temps de visualiser plusieurs fois mon passage. Je termine par 15 minutes d’échauffement dynamique près du départ, en alternant, sprints, rotations, concentration, respiration et visualisation.
Mon état d’esprit ? Me faire plaisir, jouer avec l’eau, et me concentrer sur un point technique précis.
Quelles qualités acquises via ta pratique sportive te sont le plus utiles dans la vie de tous les jours ?
Je dirais que la détermination et la rigueur que j’ai acquis via ma pratique sont les deux qualités qui me servent le plus, cela me permet dans la vie de me fixer des objectifs, d’en prioriser certains, puis de me donner les moyens pour les atteindre.
De plus, du fait que le kayak soit un sport peu médiatisé, donc avec des petits moyens dans les clubs et les structures, j’ai appris très jeune, à organiser un déplacement, planifier des saisons tout en coopérant avec un groupe et également chercher des partenaires, des subventions pour me permettre de pratiquer pleinement à haut niveau et je pense que cela est très utile pour ma vie de tous les jours dans pleins de domaines !
Quel message souhaiterais-tu transmettre à toutes celles et tous ceux qui te (re)découvrent via cet entretien ?
Venez découvrir le kayak slalom ! C’est un sport méconnu mais incroyable, une vraie famille où l’on voyage, on campe et on navigue dans des paysages magnifiques. Aux petites filles qui comme moi petite, préfèrent les paillettes aux rivières tumultueuses : sachez que les deux sont compatibles (mon casque en est la preuve !).
Surtout prenons soin de notre planète : sans eau, pas de kayak. Chaque geste compte pour préserver nos rivières.
Par ailleurs, le kayak slalom est un sport dans lequel il est presque impossible d’en vivre, mais qui demande un investissement financier important (matériel, déplacements, stages, etc.). Si vous ou votre entreprise souhaitez m’accompagner dans cette aventure, n’hésitez pas à me contacter pour échanger sur les possibilités de partenariat. Ensemble, nous pouvons faire rayonner les valeurs du sport !
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