Entretien avec Lionel Pellicier Directeur des équipes féminines de la FFSki, pour le Comité Départemental Olympique et Sportif de Savoie

Georges Lavy :  Lionel, récemment tu as été promu au poste de Directeur des équipes filles de la FFSki, secteur alpin. Peux-tu nous décrire quel a été ton cheminement au sein de cette Fédération ?

Lionel Pellicier : J’ai fait de la compétition en ski alpin dans le club de ma station-village Albiez-Montrond, puis avec le Comité de Savoie et ensuite dans les équipes de le Fédération. J’ai fait mon armée comme technicien auprès des équipes de France jeunes et ensuite, j’ai intégré le groupe Coupe du monde filles comme technicien. J’ai passé mes diplômes d’entraîneur et de moniteur. J’ai débuté mon métier d’entraîneur au Club des sports de Courchevel, puis au Comité de Savoie Ensuite j’ai entrainé le groupe vitesse filles FFS en Coupe d’Europe et Coupe du Monde. Jusqu’à l’hiver dernier j’ai été responsable du groupe technique géant filles avec, en particulier, Tessa Worley, une des meilleures géantistes au monde.

 

G.L. : En quoi consistent tes nouvelles fonctions ?

L.P. : La fonction de Directeur des équipes de France dames en ski alpin de la FFS comporte plusieurs volets :

  • La mise en place de la politique sportive de la FFS
  • La gestion de différents groupes de skieuses, avec leurs cadres (entraineurs, techniciens, préparateurs physiques, kiné, docteurs).
  • La supervision de tous les programmes concernant ces groupes ainsi que les budgets.
  • Une présence sur tous les terrains où les féminines sont concernées
  • Également, je suis l’interface avec les Comités régionaux.

 

G.L. : Cet engagement est-il contraignant dans ta vie personnelle ?

L.P. : Mes interventions sont différentes, moins de terrain pendant l’été, plus de réunions et de logistique, plus de déplacements l’hiver, avec une vision plus globale de la politique sportive du ski alpin dame. Pour ce qui est des contraintes, j’ai la chance que mon épouse, mes deux filles et mon fils acceptent ce mode de vie

G.L. : Comment prépares-tu tes skieuses pour la prochaine échéance qui doit te tenir à cœur, qui sera le Championnat du monde à Courchevel/Méribel au début 2023 ?

L.P. : Je suis confiant pour la prochaine saison, les budgets sont stables et nous permettent, malgré l’augmentation des coûts, de bien nous préparer. Cet été Nous devons faire face au manque de neige dans nos massifs, nous devons nous expatrier pour préparer la saison, en particulier à Ushuaïa -Terre de Feu en Argentine où nous sommes très bien accueillis et où nous avons nos habitudes. Nous espérons trouver de bonnes conditions d’entrainements chez nous en début d’hiver.

G.L. : Quel a été ton parcours de sportif avec une priorité au ski alpin, sans doute ?

L.P. : Outre le ski, j’ai pratiqué et pratique encore des activités sportives de pleine nature. Le ski est un sport complet et on peut se préparer en faisant de nombreux sports différents

G.L. : Quel regard de dirigeant/haut technicien portes-tu sur le sport en général et sur le haut niveau, en particulier ?

L.P. : Il faut constater que la culture sportive est en déclin. L’Education Physique et Sportive en scolaire et universitaire, n’a pas toute l’importance qu’elle mériterait. Les moyens financiers alloués au sport de compétition, même s’ils existent, ne sont pas suffisants

G.L. : La gestion du ski de compétition est-elle optimale en France ?

L.P. : Nos budgets sont contraints, il faudrait plus de moyens. Les déplacements à l’étranger grèvent nos finances.A noter que la nouvelle structure d’Albertville CNE apporte un plus au niveau de la préparation physique et du suivi médical. Nous souffrons d’un manque de structures d’entraînement sur neige. Peu de stations acceptent d’accueillir nos équipes dans des conditions satisfaisantes. Chez nous, le ski est un sport régional qui se pratique principalement dans quelques massifs : Alpes – Pyrénées – Vosges – Jura ; il est considéré comme étant un loisir. Alors que dans des pays comme la Suisse et l’Autriche le ski est plus pratiqué comme un sport.

G.L. : Tu es issu d’une belle station-village Albiez-Montrond en Maurienne qui a produit quelques individualités remarquables ; à tes côtés, je ne citerais que :

  • Christophe Fivel, participant à la coupe du monde de descente, champion de France de descente
  • Son fils Sacha membre de l’équipe nationale junior et récent vainqueur du Challenge des moniteurs ESF.
  • Ludovic Didier, compétiteur de haut niveau et entraîneur de Perrine Laffont championne en ski de bosses
  • Alain Mollaret champion de France militaire en slalom et descente

Ta station reste-t-elle dans cette dynamique de promouvoir la pratique du ski et de favoriser l’éclosion de pratiquants de haut niveau ?

L.P. : La station est en difficultés, la situation devient catastrophique avec une gestion difficile et anarchique. On constate des démolitions de remontées mécaniques, sans remplacement. Le Club des Sports risque à très court terme de ne plus avoir de piste d’entraînement, si nous voulons maintenir une activité de compétition, nous devrons nous expatrier dans les stations voisines. Nous craignons un désintéressement des jeunes envers la compétition et bien sûr, de tous les métiers de la montagne auxquels le club participe à la formation.

Lionel, le Comité Départemental Olympique et Sportif de Savoie te félicite pour ta promotion, te souhaite un bon parcours et te remercie.

 

Entretien réalisé par Georges Lavy, vice-président du CDOS Savoie, avec le support de Robert Lagoutte Trésorier du CDOS Savoie membre du Comité de Savoie SKI.

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